Des mauvaises routes mais une connexion Internet

Après mon dernier séjour au Cameroun qui avait vu les installations des équipes dans nos deux sites “Mbankomo et Yoko”, nous avions programmé ma prochaine mission au Cameroun pendant le mois de septembre. Entre temps nous devrions superviser l’exploitation d’une bande de 5 hectares de cacao-plantains à Yoko tout en préparant mon arrivée qui avait pour principal objectif l’exploitation d’un autre 5 hectares que je devais superviser personnellement.

Superviser et coordonner les équipes à distance était notre principal challenge car notre “non présence” permanente au Cameroun est le principal frein pour la réalisation de notre projet. Pour y arriver ça nous prenait deux choses:

  1. Une équipe disponible, permanente, engagée, honnête et surtout un superviseur de confiance (le but du voyage précédent était d’installer cette équipe)
  2. Téléphone portable avec une connexion internet permanente

Les deux étant disponibles nous avions pu non sans certains obstacles atteindre l’objectif de la première bande de 5 hectares et préparé mon arrivée pour la deuxième bande.

Ma mission

Ma mission avait trois volets:

  • Être sur le terrain afin de superviser tout le circuit de mise en terre de 5 hectares de cacao-plantains

Photo d'un champ de pastèques

  • Produire 1 hectare de Pastèques (nous avions regardé des tutos sur YouTube avant de valider toutes les actions à faire ainsi que le budget avec nos techniciens agricoles sur place) sur le site de production.
  • Constater l’évolution de notre site test de Mbankomo (nous en parlerons dans mon prochain article).

Yaoundé-Yoko le parcours du combattant

Dans l’article précédent  je vous avais raconté un peu les conditions de voyage pour se rendre à Guervoum, mais voilà c’était en période sèche, il y avait du soleil et les routes étaient certes poussiéreuses mais praticables . Pour cette fois vous prenez les mêmes composantes (l’équipe, le karibou,…) et vous y rajoutez la saison de pluies.

Le voyage se déroule sans encombre jusqu’au village voisin, où une petite pluie (des gouttelettes de pluie) débute, nous continuons à avancer en nous disant que nous ne saurions être bloqué par cette dernière; grosse erreur de jugement.
Le stress commence quand nous apercevons au loin un Grumier stationné presque au milieu de la petite route, en même temps les passagers d’une voiture qui vient en face sont tous descendus pour la pousser car la “petite pluie” vient de rendre impraticable le chemin devenu une piste de boue.

photo des routes rurales du cameroun

Notre première réaction est de sourire en nous disant “notre karibou légendaire nous sortira de là grâce à son système 4×4”, ce sourire ne mettra pas long car comme pour le grumier et sept autres voitures après nous, nous allons patiné et nous retrouver embourbé dans la rigole au bord de la route. Nous mettrons 4h de temps pour retirer notre voiture de là et quitter cet endroit.

Le point positif de ce moment c’était la solidarité de toutes les personnes qui s’y trouvaient; la situation était assez drôle parce que tout le monde était descendu de tous les véhicules (donc était trempé de boue) et se concentrait à dégager un véhicule, le pousser jusqu’au bout de la colline et ensuite revenir dégager le suivant.

Nous sommes arrivés dans le campement vers 23h.

Le village connecté

Comme je l’ai dit plus haut, pour la première bande de 5 hectares de cacao-plantains, nous avions tout géré à distance, alors j’allais vivre l’expérience moi même en tenant compte de deux aspects:

  • Le décalage horaire
  • La connexion

Franck le Manager du projet étant à Montréal, nous avions décidé d’avoir un système de compte rendu pratiquement en temps réel, de ce qui se passait d’important sur les sites. Arrivés au campement vers 23h Cameroun donc 18h Montréal, j’espérais pouvoir faire un débriefing et surtout partager mon incroyable aventure avec lui.

Dans ce cadre nous avions décidé d’utiliser WhatsApp comme canal, donc si tôt installé dans le campement, je décidai de vérifier si déjà j’avais la connexion et YES, à partir de ma chambre le réseau téléphonique que j’utilisais me permettait d’avoir une connexion internet. Je fis mon rapport tout en envoyant les premières photos de mon séjour à Guervoum.

État des lieux et Satisfaction

Au petit matin, après un petit déjeuner en groupe (constitué des restes de nourriture de la veille), nous prenons la route de la brousse pour voir l’état de notre première bande de cacao-plantains réalisée en avril. Nous revenons de là satisfait, encore plus rassurés par les indications données par Narcisse le technicien agricole.

De retour nous visitons, la bande de terre qui servira à cultiver notre hectare de Pastèque.

Après le repas à 16h, nous décidons d’aménager les toilettes qui ne proposait aucune intimité à ceux qui y vont. Nous avons l’idée de faire d’une pierre deux coup; nous allons non seulement faire un mur autour des toilettes mais ce mur servira aussi de garde/sèche bois de cuisson.

Toilettes rurales

Cette activité, Parce qu’elle a été faite en groupe et dans une superbe ambiance a été un moment extra.

Pause sous l’arbre à réseau

Ahhh la technologie. Nous avons découvert à l’entrée du campement un arbre sous lequel on pouvait capter presque tous les réseaux téléphoniques. Nous y avons installé un banc et cet endroit est devenu le lieu par excellence de relaxation et discussion entre les employés pendant leurs moments de pause.
L’endroit est assez célèbre auprès des campements voisins aussi dont les habitants viennent presque chaque après midi pour venir capter un peu de réseau téléphonique et internet afin de communiquer avec leurs proches.

Ma plus grande satisfaction en partant était de voir qu’un réel esprit de communauté commençait à s’installer et ceci en partie grâce à l’arbre à reseau qui offrait un bon point de retrouvailles, en quittant les lieux le lendemain nous avions payé les services d’un groupe de jeunes spécialisé dans le creusage de puits afin qu’ils nous en fassent un dans le campement.

Né le 27 mars 1982 à Yaoundé, Romeo Ngaba a toujours été très actif. Dès l’âge de 14 ans il monte son premier projet “Edifice” qui était une association ayant pour but la collecte des vêtements auprès des familles nanties afin de les redistribuer à des enfants de la rue.
À 18 ans il créé un label informel de musique hip hop rassemblant 23 artistes (16 à 25 ans) qui va durer 2 ans. De ce groupe naît un album.