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Les téléphones mobiles, et l’utilisation des technologie en général transforment la production et la distribution alimentaire en Afrique

Laurent Elder, expert du Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI) sur les problématiques liées à la technologie et au développement économique et social,  a expliqué aux participants du Forum de Technologie et d’Innovation sociale KWS.

Dans cet extrait il présente quelques exemples de l’utilisation positive de la technologie en Afrique Subsaharienne.

 

Comment rapprocher la technologie et l’agriculture

Le 09 Juin 2016, nous avons organisé un atelier pour réfléchir ensemble à la combinaison de la technologie et de l’agriculture. A la suite de cet atelier, André Fortin a fait un résumé pour ceux qui n’ont pu assister à ce dernier.

BILAN DE L’ATELIER DE DESIGN THINKING

Comment rapprocher la technologie et l’agriculture

André Fortin, 13 juin 2016

Date : 9 juin 2016, de 9h à 16h30

Lieu : Chantier de l’économie sociale – 1431 rue Fullum

Animateur : André Fortin, conseiller en animation créative et innovation sociale

Objectifs

  • Identifier les principaux enjeux en lien avec l’agriculture et les technologies.
  • Élaborer des portraits des principaux acteurs : agriculteurs, agronomes, professionnels en technologies agricoles, concepteurs de technologies numériques.
  • Prototyper un modèle idéal d’agriculture durable qui a recours aux technologies.
  • Échanger sur des pistes prometteuses et des moyens de rapprocher les 2 secteurs (agriculture et technologie).

QUELS SONT LES ÉLÉMENTS-CLÉS EN 2016 ?

VOLET POLITIQUE ET ÉCONOMIQUE

  • Les pays producteurs de denrées agricoles n’ont aucun pouvoir décisionnel.
  • Le focus de l’industrie alimentaire est le profit qui est régi par la bourse. C’est d’ailleurs la bourse qui fixe les prix (ex : cacao) et cela à de grandes répercussions sur les agriculteurs.
  • Les experts dans le domaine sont formés par l’industrie et fortement influencés par les lobbys en place.
  • Dans ce domaine, c’est la dimension politique qui prend le dessus sur toutes les autres considérations (ex : COP21).
  • La consommation locale est en émergence. Les personnes ont un souci pour cela.
  • Le thème de la biodiversité est de plus en plus présent dans les discours de masse.
  • Il manque de support du gouvernement par rapport à certaines politiques (ex : aucune politique est mise en place en lien avec la surconsommation ou le gaspillage).
  • Il manque une relève dans le milieu agricole ce qui cause un déséquilibre.
  • Il faut être gros pour survivre. Cela amène des fermes à se fusionner.
  • La nourriture biologique est plus accessible.
  • Il y a un éveil sur des initiatives locales/à la base/citoyennes. Des pratiques parallèles se développent pour proposer des alternatives.

VOLET SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL

  • Influence des changements climatiques. On ressent les effets (sècheresse, périodes de production décalées)
  • Il manque d’espace, de terres pour cultiver. Il y a de plus en plus privatisation des terres.
  • Il y a des campagnes d’éducation pour le recyclage et on commence à voir des mesures coercitives pour forcer les gens à participer.
  • Augmentation de la pollution, déclin de plusieurs ressources naturelles.
  • On voit l’abandon des métiers de l’agriculture. Cela n’est pas très à la mode.
  • Prise de conscience réelle sur l’importance de changer nos modes de vie. On reçoit des coups de marteau sur la tête.
  • Il y a un désarroi par rapport aux problématiques qui peut, par contre, être mobilisateur.
  • Plus de dénonciation sur des mauvaises pratiques, plus d’informations qui circulent.
  • Recrudescence du végétarisme, ou d’initiatives citoyennes promouvant cela.
  • On est à la recherche d’alternatives, notamment concernant les pesticides chimiques.
  • Il y a une déconnexion avec la terre, un manque de contact direct ou d’expériences agricoles.
  • Le mouvement du développement durable a plus de poids qu’avant.
  • Les habitudes de consommation ne bougent pas assez vite en lien avec l’urgence d’agir.
  • On sent une culpabilisation si on n’adopte pas de bonnes pratiques de consommation alimentaire.
  • On commence à avoir une vision systémique de l’agriculture, que plusieurs éléments sont liés avec cet enjeu. On étudie davantage l’écosystème de base.

VOLET CULTUREL ET TECHNOLOGIQUE

  • Montée fulgurante des processus d’automatisation et de robotisation (ferme laitière) et de certaines technologies comme les drones.
  • Développement et début de la reconnaissance de la permaculture, de technologies passives.
  • Manque d’optimisation de la technologie : il reste encore beaucoup à faire.
  • On voit le développement d’applications numériques locales, de recherche de solutions qui sont adaptées localement pour diminuer la pollution et rendre plus efficace les productions alimentaires.
  • On continue dans le modèle axé sur l’exportation.
  • Méconnaissance des bonnes pratiques agricoles qui sont peu partagées. Par contre certains savoir-faire artisanaux ou fait-maison sont accessibles en mode open-source, ce qui permet un décloisonnement des connaissances.
  • Création d’un sentiment d’appartenance à certains chefs cuisiniers qui prônent des saines habitudes alimentaires et qui sont très médiatisés.

QUELS SONT LES ÉLÉMENTS-CLÉS EN 2025

  • L’économie de partage va devenir la norme.
  • Plus de pauvreté dans le monde, donc une moins bonne nutrition pour la majorité
  • L’enjeu du manque d’eau.
  • Les métiers liés à l’agriculture vont être à la mode. Il va y avoir un déclic similaire à celui qui s’est fait avec la cigarette (en l’espace de quelques années la cigarette est devenu un problème de santé public et des campagnes pour réduire son usage ont proliférées).
  • Il va y avoir une tension entre le développement d’initiatives à la base (grassroot) et la notion de contrôle de certaines organisations ou lobbys par notamment la prolifération du génie génétique.
  • Le problème de l’obsolescence programmé va disparaitre.
  • Nous allons augmenter notre capacité à produire des technologies permettant des contributions significatives.
  • On s’attend à des changements dans nos habitudes alimentaires étant donné le volet environnemental et le nombre d’habitants sur Terre. Certaines campagnes d’éducation seront mis en place pour promouvoir cela.
  • Le système en place va subir de l’effondrement. Cela va permettre la création de nouveaux systèmes plus durables.
  • On s’attend à certaines mesures gouvernementales comme par exemple pour développer des taxes visant à réduire le gaspillage.
  • La contribution de l’agriculture sur la santé et sur nos modes de vie en société va être de plus en plus reconnue.

ACTIVITÉ DE PROTOTYPAGE

2 équipes ont élaborées un prototype d’un MODÈLE IDÉAL D’AGRICULTURE DURABLE INTÉGRANT DES TECHNOLOGIES. Pour chaque prototype, des principes-clés se dégagent. Nous allons en publier un seul ici:

technologie dans l'agriculture

 

 

Voici les bases de ce modèle

  • Notre système se veut le plus autosuffisant possible et est basé sur les principes de la permaculture.
  • La ZONE 1 est celle qui a besoin de plus d’interactions humaines (jardins potagers, fruits et légumes).
  • S’ajoute le compost, la transformation alimentaire et la production d’énergie.
  • On a aussi une zone, une auberge pour accueillir des touristes mais pas juste des touristes, des woofers aussi et pour offrir des formations. Cela nous donne des revenus variés.
  • On peut faire le tour à vélo avec un chemin sur place.
  • On a des ruches pour nos pollinisateurs qui couvrent le territoire.
  • Dans la ZONE 2, on produit des céréales pour les humains et les animaux.
  • La ZONE 3 est là où nos animaux vont se déplacer durant l’année dans les champs (pour travailler la terre, fertiliser, finir de manger les racines. On a aussi des serres où on cultive les fleurs pour attirer plus de pollinisateurs.
  • La ZONE 4 est surélevée pour avoir de l’eau en hauteur en utilisant l’eau par gravité sans énergie. Il peut y avoir aussi de l’aquaponie ici.
  • La ZONE 5 est plus éloignée. Dons plus on s’éloigne et moins on visite ces zones et plus elles sont autonomes. La ZONE 5 est la forêt nourricière qui est auto-fertile. On fait une planification sur 25 ans pour nous offrir des fruits, des noix, des herbacés, des vignes.
  • La ZONE 6 produit du bois pour la construction, pour nous chauffer mais surtout pour faire du paillis pour couvrir nos champs pour limiter l’évaporation mais aussi limiter les mauvaises herbes de pousser et pour augmenter la fertilité du sol.
  • La ZONE 7 est presque le tiers du territoire. C’est une zone intouchée qui va nous servir d’inspiration pour voir ce qui pousse de manière naturelle et comment on peut apprendre de cet écosystème.

Merci à tous les participants de l’atelier. Nous prévoyons d’organiser un atelier au cours du premier trimestre 2017 enrichie des informations que nous avons collectées au Cameroun.

Kongossa Eco-village

Faites la connaissance de Roméo Ngaba, notre Responsable des opérations

Lieu de Naissance : Yaoundé , Cameroon

Ville de résidence : Montréal, Canada

Education : Droit, Université de Yaoundé II, Cameroun

Intérêts  : Lecture, Film chinois, sport, l’Humain, développement personnel, succes stories, le zen, histoire des peuples

Philosophie de vie: Trouver la beauté et le silence en chaque bruit.

Roméo Ngaba


Né le 27 mars 1982 à  Yaoundé, Romeo Ngaba a toujours été  très  actif. Dès l’âge de 14 ans il monte son premier projet “Edifice” qui était une association ayant pour but la collecte des vêtements auprès des familles nanties afin de les redistribuer à des enfants de  la rue.
À 18 ans il créé  un label informel de musique hip hop rassemblant 23 artistes (16 à 25 ans) qui va durer 2 ans. De ce groupe naît un album.

À 22 ans curieux de savoir ce que ça fait de gagner beaucoup d’argent, il prend une année sabbatique pour se lancer dans l’exploitation et l’exportation du bois. Cette expérience, enrichissante à plus d’un titre ,est aussi le catalyseur principal de sa décision de travailler au contact de la nature, avec elle et non plus contre elle.

À 23 ans il créé avec un de ses amis l’association “Boulevard des Jeunes” qui a pour objectif  d’éduquer les jeunes dans la protection de l’environnement. Elle produira d’ailleurs un jeu de société appelé “Be Clean”.

Trois ans plus tard il crée une maison de couture privée “Cose” dont  la  particularité  est de proposer à un nombre de clients précis et exigeant un service personnalisé et respectant les délais.
À 28 ans il est co-fondateur de “Done Care”, une agence de conciergerie internationale.
Dès son arrivée au Canada sa vision des choses change et sans toutefois négliger l’apport en expérience de toutes ses anciennes activités, il décide de se concentrer sur un seul projet afin de pouvoir y partager son expérience et pouvoir changer le monde à son niveau comme il l’a toujours voulu.

« C’est ainsi qu’après des retrouvailles avec son vieil ami de plus de 15 ans Franck Nlemba et d’interminables et fructueuses discussions, il va embarquer avec ce dernier dans l’aventure Agritech qu’ils commencent tous les deux en mi 2015″.

Technologie dans l’agriculture – Vers le village intelligent – I

À la découverte de Mbankomo.


Depuis plusieurs mois, Kongossa Technologie a initié un projet de sillage intelligent avec comme pays test le Cameroun. Dans le cadre de ce projet, j’ai effectué une descente au Cameroun sur l’un des sites pilote du projet situé à Mbankomo. Mbankomo est une commune du Cameroun située dans la région du Centre, à 25 km au sud ouest de Yaoundé. C’est aussi un arrondissement du département de la Méfou-et-Akono. Mbankomo abrite le Centre sportif académique de Mbankomo. Mbankomo tient son nom du Mont Mbankomo ; une chaine de colline rocheuse qui s’étire d’Eloumden jusqu’à Zok-Yié en passant par Okong, Nkomekui et Messebe. Inhabité, le site de l’actuel Mbankomo Ville devient dès l’arrivée des Allemands (vers 1900), un lieu d’exploitation du tabac et de la banane douce. Ce n’est qu’au départ des Allemands survenue après la première guerre mondiale que les ethnies Mvog Fouda et Tsoung Mballa s’installent de manière progressive. L’activité principale des populations est alors l’agriculture. C’est la loi N° 59/44 du 17 Juin 1959 qui crée la Commune de Mbankomo. Cependant, l’arrondissement de Mbankomo existe seulement à partir du 13 Mars 1974. Ainsi, dès l’installation des populations locales, l’Eglise catholique s’installe en 1952. Puis intervient la création de l’école primaire en 1955, l’installation de la gendarmerie en 1978 de l’axe lourd en 1982. Pour en savoir plus sur son histoire lire ce guide

La présence d’un de nos sites dans cette région s’explique notamment grâce à sa position géographique car elle est située à l’entrée de la capitale du Cameroun Yaounde ( à environ 22 km) et sur la route qui mène à la capitale économique Douala. Par ailleurs l’agriculture y occupe aussi une place de choix:

Elle occupe plus de 90 à 95% de la population active. Etant une agriculture de subsistance, elle se concentre en particuliers sur les cultures vivrières et plus particulièrement le manioc qui tient le haut du pavé. En effet, il reste la spéculation la plus cultivée tant à l’échelle individuelle que des Associations et GICS sur des superficies allant d’un à vingt cinq hectares; mais pour certains GIC, cette superficie peut aller à 25 hectares. Les autres spéculations (non moins importantes) sont le macabo, la banane plantain, le maïs et l’arachide, la patate douce, l’igname, les maraichers (tomate) et même les PFNL tels que la cola, la mangue sauvage, les noisettes, l’okok et autres. Il est à remarquer que ces cultures sont l’apanage des femmes qui s’y investissement dans leur presque totalité. Elles en font l’objet d’une activité commerciale intense et transforment le manioc en bâtons et en farine. Pour ce qui est des cultures de rente, on distingue le cacao, le palmier à huile, des fruitiers. Cette activité reste concentrée entre les mains des femmes et des élites. Source : CVUC

La première mission sur place

Cela  faisait 3 jours que j’étais au Cameroun et l’un de mes objectifs principaux  était de me rendre sur notre “site test” situé à  Mbankomo environ à  20 km de Yaoundé (du moins je me disais ).

Il faut comprendre pour la petite histoire que nous avions jusque là  tout gérer de Montréal grâce à  notre responsable local Eric K. donc cette descente était assez excitante pour moi: j’allais enfin voir le résultat de plusieurs heures de travail et de cogitation.

Avant de relater le voyage il est important de comprendre ce que Mbankomo représente : Mbankomo est notre mini-lab, c’est l’endroit où nous voulons tester toutes nos expériences agricoles et écologiques avant de les appliquer à notre “village intelligent”; c’est le lieu où  nous testons notre vision.

Pour s’y rendre Eric et Christian le chauffeur  et  qui avaient déjà fait ce trajet ont exigé que nous y allions en 4×4 à cause de l’état de la route. Mon bon ami Patrick nous a prêté le sien, et hop mercredi 6h du matin nous démarrions pour Mbankomo

En théorie le trajet est sensé durer 20mn, mais le village où se trouve notre « lab » est plutôt à 20mn de Mbankomo   lorsqu’il n’a pas plu. Nous nous sommes égarés 2 fois car j’avais insisté pour que nous empruntions un raccourci, espérant nous faire gagner du temps. Mais hélas. ..Nous sommes finalement arrivés sur notre site 35 mn plus tard. Dans la bonne humeur et éblouis par le magnifique paysage, L’air était frais et les multiples escales pour demander notre chemins aux habitants  m’a rappelé  à quel point vivre dans la nature pouvait contribuer à nous maintenir de bonne humeur.

Nous nous sommes dirigés vers Bernard, la personne chez qui Eric gardait notre matériel  (machettes et autres), sa maison en matériau local fut un de mes coup de coeur. Notre site se trouve directement derrière celle-ci donc nous nous y sommes tout de suite dirigés.

Plantation à Mbankomo cameroun
Les machettes dont nous nous sommes munies se sont avérées utiles car la piste était parsemée d’herbes hautes qu’il fallait écarter pour pouvoir avancer.
Devant nous j’avais l’hectare de terrain que nous avions acheté et que nous avions commencé à  exploiter depuis moins de 4 mois. 1 ha de plantain et quelques tiges de cacao. On pouvait voir les plants dans en terre et la circulation était assez facile vu que le site avait été nettoyé récemment. Après 40 mn sur le site à  marcher et à  poser des questions nous sommes retournés vers la cour de Bernard.

Plantation de plantain au Cameroun
Les évidences qui se sont imposées à  nous suites à  toutes mes questions étaient celles que Franck N. et moi avions déjà détectées : il était impératif d’avoir une présence permanente sur ce site (son installation fera l’objet d’un autre récit) et construire au plus vite notre habitat écologique.

Nous avons ensuite pris la route du retour et cette fois ce fut plus rapide et nous ne nous sommes pas perdu.

Romeo NGABA

Roméo Ngaba

Comment augmenter l’impact de nos idées

Eric Bourget donne quelques conseils et astuces pour augmenter l’impact de nos idées

Lors de son intervention au forum KWS Eric Bourget a voulu répondre à la question suivante : Comment faire en sorte que nos idées face du chemin?

En effet aujourd’hui les ateliers de créativité et la pratique du brainstorming sont assez courants. Mais à quoi ça vous sert d’apprendre comment avoir de nouvelles idées si vous ne savez pas quoi faire de ces nouvelles idées?

Quelques constats

Dans son expérience Eric a constaté qu’en général il y’a beaucoup d’idées sur la table mais le problème c’est quoi faire de ces idées. Il appelle cela le triste cycle des idées : on génère une nouvelle idée, on est motivé pour son implémentation; puis on se heurte aux lenteurs administratives et organisationnelles; puis on met cette idée dans une tablette pour enfin l’abandonner.

En général selon Eric, les idées qui finissent par aboutir sont celles qui ne menacent aucune partie de l’organisation.

La différence entre une idée complexe et une idée difficile

Quelque chose qui est compliqué est différent de quelque chose qui est complexe. Ce qui est compliqué on a juste besoin de l’analyser et de la bonne expertise pour la réaliser (démonter et remonter une ferrari). Quelque chose qui est complexe est indépendant de l’analyse. Quelque soit l’analyse que l’on va faire on ne peut pas la résoudre. La solution pour résoudre les problèmes complexes semble être l’expérimentation est l’expérimentation.

tester les idées complexes

Ainsi pour faire accepter une idée complexe à un groupe ou à une organisation, il faut la tester nous-même.

conférence de Eric Bourget sur la créativité lors du forum KWS

Le pouvoir

Eric a expliqué qu’avant d’aller négocier avec une personne qui a le pouvoir, il faut d’abord être conscient du pouvoir que nous avons; ainsi on pourra plus facilement faire passer nos idées innovantes.

Quelques outils pour faire vivre les idées innovantes

Eric a suggéré de s’appuyer sur les éléments ci-dessous:

1 – Arriver avec des idées pré-validées

Etre ridiculement bien préparé. Il faut être la personne qui est la plus informée, qui a fait le plus de recherches, qui a passé le plus de temps avec les usagers. L’idée toute seule est très faible

2 – Contrôler le contexte 

Dans son expérience, Eric a mis en place un lab dans une organisation montréalaise afin de mieux contrôler le contexte. Par exemple on peut s’exprimer et se comporter comme on veut dans un lab bien que l’organisation ne l’autorise pas. Une autre façon de contrôler le contexte dans une grande organisation serait de dire qu’on est une startup à l’intérieur de la compagnie en s’appuyant sur une équipe pluridisciplinaire

3 – Ne demander la permission qu’en dernier recours

Pour ce dernier point il faut avoir un bon réseau

Pour en savoir plus sur le dernier forum KWS, nous vous conseillons la video recap du dernier forum kws

A Environnement Jeunesse, on utilise la plupart des moyens technologiques récents pour rejoindre les jeunes et les impliquer

Jérôme Normand, Directeur Général d’Environnement Jeunesse

« A Environnement Jeunesse, on utilise la plupart des moyens technologiques récents pour rejoindre les jeunes et les impliquer »

S. Keita 

Quelles sont les missions de votre organisme qui est fondamentalement dans le changement social?

Environnement Jeunesse est un organisme qui existe depuis 1979 et qui est bien établi au Québec. Il couvre toute la province. Notre mission est de stimuler le développement d’une conscience environnementale et de l’esprit critique des jeunes face aux questions environnementales afin qu’ils soient des citoyens avertis et qu’ils posent des gestes conformes aux exigences du développement durable. Nous avons trois axes d’intervention. Il y a d’abord les projets qu’on met en place et dans lesquels les jeunes sont toujours parties prenantes. Par exemple, un de nos récents projets a consisté à établir une certification en développement durable pour les CEGEP et collèges, donc pour les administrations, afin qu’ils  intègrent la gestion du développement durable dans leur gestion quotidienne. Nous avons lancé le projet « 2 roues, 4 saisons », dans lequel on inciteles jeunes à utiliser leur vélo toute l’année au Québec, même pendant l’hiver. Nous leur donnons des informations et des outils en ligne pour modifier leur monture et leur habillement pour que ce soit confortable et, ainsi, augmenter la période cycliste annuelle. Nous avons un autre projet qui s’appelle « Je m’emballe autrement » où on invite les jeunes finissants du secondaire à confectionner eux-mêmes leurs habits de bal de finissants avec des matériaux recyclés. Ce sont des projets très diversifiés qui engagent les jeunes sur les sujets environnementaux.

Le deuxième grand axe est la formation directe. Environnement Jeunesse réalise entre 200 et 300 ateliers d’éducation en environnement à travers le Québec, directement en classe en remplacement du professeur. Ces formations portent sur les grandes thématiques : changement climatiques, agriculture, eau, matières résiduelles, transports, etc.

Le dernier axe c’est l’éducation citoyenne : Comment participer à la vie démocratique? Comment former un comité dans son école? Comment interpeller les élus? Comment déposer un mémoire à l’Assemblée Nationale? Comment être un citoyen engagé et par quels moyens le faire? Voilà les grandes questions autour desquelles une stratégie d’éducation citoyenne des jeunes est mise en place.

Nous avons trois postes ouverts aux moins de 18 ans dans notre Conseil d’administration. Nous avons mis en place différentes mesures pour amener nos membres à contribuer à des mémoires qu’on va déposer dans le cadre de consultations du Bureau d’audiences publiques en environnement. Ce sont des actions directes mais démocratiques.

S. Keita

Comment les réseaux sociaux impactent votre activité qui s’adresse essentiellement aux jeunes?

Les réseaux sociaux sont des moyens de communication supplémentaires pour rejoindre notre public cible. A Environnement Jeunesse, nous sommes beaucoup plus dans l’implication concrète. On se rend compte que peu importe les moyens de communication utilisés ce qu’on souhaite au final ce sont des jeunes qui sont éveillés et qui s’impliquent, s’investissent, participent à des comités, font des rencontres, discutent avec les gens. Quels sont les moyens qu’on utilise pour rejoindre les gens et les amener à se rencontrer? Il s’avère que se servir d’un site internet et d’une liste de courriels ne suffit plus. A Environnement Jeunesse, on utilise la plupart des moyens technologiques récents : Youtube, Vimeo, Facebook, Twitter… On se rend compte que les jeunes au secondaire délaissent un peu Facebook pour éviter la surveillance de leurs parents. Ils sont plus sur Snapchat, Instagram, tumblr. Donc nous investissons ces moyens là mais pas activement. On fait ça comme support supplémentaire. Notre bulletin électronique par courriel est encore très lu, même si c’est un moyen très classique de rejoindre les gens. Ça fait partie d’un bouquet de moyens de communication pour rentrer en contact avec nos jeunes. Les jeunes qu’on cible sont ceux qui vont se déplacer pendant la fin de semaine pour participer directement à un colloque, venir à des rencontres, à des manifestations, s’impliquer dans un comité de soir après les cours. C’est plus productif que juste faire un ou deux clics pour avoir bonne conscience. Donc on utilise les moyens technologiques pour rejoindre les jeunes dans le but éventuellement d’avoir des rencontres en personne et les amener à s’impliquer plus longuement.

S. Keita

Quels sont les défis que doit relever Environnement Jeunesse, voire les autres OBNL de façon générale, dans le contexte de globalisation et de développement technologique qui caractérise le monde?

C’est le même défi qui revient pour nous et qui tourne toujours autour de la mobilisation. Il y a davantage d’astuces marketing et commerciales pour interpeller les jeunes. La durée de l’attention du client, du membre ou du citoyen est de plus en plus courte. Il faut donc parler en clip. Mais si l’on parle de sujets complexes comme les changements climatiques ou les habitudes de vie, on ne peut pas le faire dans un clip de dix secondes et capter l’intérêt des jeunes pour qu’ensuite ils s’investissent à changer le monde. C’est ça l’enjeu qui est difficile. Interpeller mais ne pas perdre l’intérêt. Puis avec toutes les offres à travers les écoles, les groupes communautaires, les entreprises, les événements, les divertissements, amener les jeunes à s’investir concrètement dans une cause intéressée, à y passer des heures, à y mettre de l’énergie.

La mobilisation reste le défi majeur. Nous l’avons constaté avec les dernières marches pour la terre que nous avons organisées autour du Jour de la Terre. 250 000 à 300 000 participants en 2012, puis on a eu environ 35 000 participants en 2013. Et cette année, même pas de marche. Le mouvement est quelque peu essoufflé et cruellement sous-financé, ce qui n’aide en rien.

S. Keita

On parle beaucoup de changement social, d’économie sociale, d’innovation sociale. Selon vous, quelle place doit occuper l’innovation sociale dans le Québec d’aujourd’hui?

Plus que jamais on a besoin de mouvements sociaux forts, de l’innovation sociale. Avec la mondialisation, les mesures d’austérité qui sont mises en place partout dans le monde, les milliards investis en publicité, l’économie classique qui guide nos vies, et à quel point on juge de notre aboutissement et de notre rang social par les biens de consommation, il faut des organismes communautaires forts et actifs sur le terrain pour faire contrepoids. Il faut se recentrer sur les priorités humaines et environnementales. Je pense que c’est l’économie sociale, l’innovation sociale et les mouvements communautaires, qui sont sous-financés et qui meurent à petit feu au Québec comme au Canada, qui peuvent contrer ça. Il faut donc investir dans cette économie sociale car il s’agit d’un secteur qui est florissant, où il y a du raccrochage. On a mal vendu l’importance des groupes communautaires dans les dix, vingt dernières années en ne disant pas « pour chaque dollar investi, voici le nombre de personnes touchées, le nombre d’emplois créés ». Je considère que dans le contexte actuel, il faut faire une méga place aux organismes communautaires.

S. Keita

Pensez-vous que les technologies numériques vont jouer un rôle majeur dans l’innovation sociale dans les années à venir?

Elles jouent déjà un rôle majeur. Le rôle qu’elles jouent c’est que chaque citoyen a maintenant une voix. Avant, il fallait être outillé, avoir un micro et une audience pour pouvoir exprimer son opinion. De nos jours, tout le monde a l’occasion de publier, de « poster », de filmer, d’exprimer sa vision. Il y a un côté intéressant, démocratique et un côté individualiste et narcissique à la fois à ce phénomène. Le défi c’est qu’il y a une fragmentation des idées, des prises de position. Souvent, lorsqu’un courant social monte en importance, il va y avoir tout de suite un contrecourant qui va n’être intéressé qu’à le démolir. Il y a de nouveaux défis qui émergent. Une chose est sure : ça passe beaucoup par les nouvelles technologies. Le fait d’entrer en contact avec les gens et d’écouter leurs opinions, le fait de partager une vision du monde, le fait de construire ensemble avec chacun sa vision. Ces grands mouvements sociaux là passent plus que jamais par différentes nouvelles technologies. Dans notre cas, ça passe beaucoup par les réseaux sociaux et la mise en commun d’idées à travers ces technologies-là.

Propos recueillis par Sékouna Keita

L’impact positif de la méthodologie design thinking sur la technologie

L’ONG Kongossa technologie, André Fortin Conseiller en animation créative, innovation sociale et participation citoyenne; Juliana Alvarez Designer, M.Sc.A, co-fondatrice Ide3s. ont animé le 30 septembre 2014 un atelier de design thinking.

OBJECTIFS DE L’ATELIER

– Réfléchir sur comment établir davantage de ponts entre le milieu de l’innovation sociale et celui des technologies numériques.

– Expérimenter un processus de créativité en s’initiant aux outils du design thinking.

 PROCESSUS DE L’ATELIER

Forces/avantages de l’innovation sociale, des technologies numérique et du croisement entre innovation sociale et technologies numériques

Prototypage rapide autour de 3 thèmes : innovation ouverte, technologie au service du bien commun,  réseau humain.

Création d’un modèle idéal : Utilisation d’un outil visuel pour creuser un angle spécifique de chaque modèle.

A l’issue de cet atelier plusieurs conclusions et idées ont été proposés. Pour en savoir plus nous vous proposons de télécharger le rapport en ligne.

(EN) Karl Miville de Chene

Karl Miville de Chêne Consultant International et spécialiste de l’éducation à distance a permis à l’audience du forum technologique KWS Montréal 2013, d’en savoir plus sur les changements positifs qu’apporte la technologie en matière d’éducation. Karl a notamment insisté sur le caractère jeune des utilisateurs des technologies et leur envie d’apprendre.

Karl a quelques instant après donné une courte entrevue accessible ici

Les défis de l’Innovation Sociale au Québec

De tout temps, les sociétés ont développé de nouveaux outils et façons de faire pour répondre aux défis de leur environnement. Si l’innovation est le plus souvent perçue comme une valeur ajoutée économique ou même technologique, une nouvelle acception du concept prend de plus en plus d’importance : l’innovation sociale.

Une innovation sociale peut se définir comme une initiative visant à apporter une réponse novatrice et durable à une problématique sociale et qui bénéficie à l’ensemble de la communauté. À l’aube d’un nouveau siècle marqué par de profondes crises (politiques, économiques et environnementales) et inégalités, l’innovation sociale porte l’espoir d’un modèle de développement et du vivre-ensemble qui puisse offrir de nouvelles perspectives pour un avenir plus équitable pour les collectivités.

« Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve »

– Friedrich Hölderlin

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Des défis qui demandent des solutions inédites

Les crises que traversent à répétition nos sociétés laissent à plusieurs l’impression de l’épuisement d’un modèle, tant économique que politique. Les exemples d’égarements pullulent, des dérives de la finance aux désastres environnementaux en passant par la gestion souvent douteuse des fonds publiques, le plus souvent au profit d’une minorité de nantis. Devant cette situation, un sentiment d’aliénation et de cynisme cause, au sein de la population, un décrochage politique qui n’aide les choses en rien.

Pour plusieurs, les mesures palliatives aux inégalités engendrées par l’économie néolibérale, qui compte sur le support des États comme on a pu le voir lors de la crise économique de 2008, sont désormais insuffisantes. Il importe de repenser beaucoup plus fondamentalement les cadres du vivre-ensemble et les concepts qui le régissent.

À cet égard, le mouvement des communs porte des perspectives novatrices qui pourraient bien permettre un renouvellement de l’économie, du politique et de l’habitation du territoire fondé sur la prise en charge collective et citoyenne des milieux de vie. Ainsi, plusieurs projets émergent, au sein de la société civile, qui permettent de repenser le développement (économique, technologique) et la vie sociale sous un angle inédit : la proximité, la participation citoyenne, le libre accès aux espaces communs et aux biens culturels, etc. L’idée est de « faire ensemble », de s’approprier collectivement les milieux de vie dans une optique de partage et respect des personnes et de la planète, à l’inverse d’un concept de propriété inscrivant les usages dans une logique marchande.

« La folie, c’est de se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent »

– Albert Einstein

Repenser la finalité du développement

L’utopie du modèle actuel est, sans conteste, celle d’un développement infini dans un monde de ressources fini. Or, les dérèglements croissants de l’environnement nous montrent assez que cette utopie est, à terme, destructrice pour l’ensemble de la planète. Cette conception du développement orientée vers un marché cherchant une accumulation toujours plus grande de profits et de marchandises crée de nombreuses inégalités, tant économiques que sociales, qui sont de plus en plus décriées par des mouvements comme, par exemple, celui des Indignés ou d’Occupy Wall Street.

Dans ce contexte, le concept d’innovation sociale permet notamment d’élargir la conception du développement pour y inclure ses aspects humains et collectifs, devant ceux de profit et de productivité. L’innovation sociale, en plus de privilégier un impact s’inscrivant dans une logique de développement durable, s’attache à prioriser la créativité, le processus d’innovation et de changement social, ainsi que la participation des personnes visées tout au long du processus de développement.

En favorisant une diversité d’approches pour une même problématique, l’innovation sociale permet d’appréhender une problématique sous plusieurs angles et de façon large, de manière à y apporter une réponse multidimensionnelle qui réponde à sa complexité. Elle se développe aussi dans une dynamique de rétroaction avec les acteurs impliqués, chez qui son appropriation est également prise en compte afin d’en favoriser le caractère durable.

Le Québec a déjà vu plusieurs innovations sociales se développer sur son territoire, à commencer par le mouvement coopératif, notamment les caisses populaires. Depuis plusieurs années déjà, de nombreux acteurs de la société civile et même de certains pouvoirs publics utilisent les processus de l’innovation sociale pour répondre à différentes problématiques. Or, dans un contexte politique et économique où l’idéologie néolibérale domine, jusqu’à quel point l’innovation sociale peut-elle renverser fondamentalement les sources des inégalités et problématiques qu’elle tente d’adresser?

Quelques innovations sociales au Québec

  • Le mouvement coopératif
  • Le mouvement des FabLab
  • La TOHU
  • L’École éloignée en réseau
  • Imaginons Saint-Marc

Questions

  • Comment peut-on favoriser l’innovation sociale au Québec?
  • Comment les pouvoirs publics peuvent-ils mettre en place les conditions de l’émergence de l’innovation sociale?
  • Comment peut-on favoriser l’émergence des communs dans différents secteurs? Quels modèles (gouvernance, organisationnel, etc.) pourraient les soutenir?

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